Venu de la philosophie, c’est tout naturellement que les textes se sont mis en image devant moi. D’abord dans la somnolence de longues soirées d’étude où la page s’animait de mille mouvements comme autant de codes génétiques qui se tortillent de-ci de-là. Puis des caractères devenus blancs sur un fond de page devenu noir furent les seuls signes de ce passage de la philosophie à la peinture.

Pris dans un mouvement plus vaste dans lequel l’image, partout, supplante le texte, ce dernier ne peut se sauver qu’en devenant à son tour objet de peinture comme ce fut le cas dans d’autres traditions. C’est alors que les mots, les phrases, les chapitres, les alinéas, les points de suspension prirent sens dans l’espace. Les uns montant, les autres descendants, dans le cercle, le carré, la courbe et la droite. Les textes tentèrent de sauver leur peau en prenant la pose, en jouant les paysages.                                                                                                                                           Guillaume Bourquin.